Le haïku : mode d'emploi

Le comptage des syllabes

Formellement, le haïku est une poésie composée de trois vers de respectivement 5, 7 et 5 syllabes. 

En japonais... Mais en japonais, il s'agit plutôt de temps.Une syllabe peut être longue ou brève. On compte plutôt en mores (onjii en japonais), dont la durée est équivalente à une voyelle brève. 

Par exemple Tokyo est composé de deux syllabes to-kyo, l'une et l'autre longue et donc quatre mores to-o-kyo-o.

La raison des 17 temps est liée à la durée de l'élocution. Un haïku doit pouvoir être lu, à haute voix, en une seule respiration.

Dans les autres langages, la transposition est difficile. L'anglais est plus concis, le français et l'allemand, plus long encore.

La règle des 17 syllabes en 5-7-5 n'est pas unanimement reconnue dans les langues autres que le japonais. Pour des raisons liées au langage, elle parait artificielle et certains pensent qu'elle ne peut être transposée. En effet, l'anglais est nettement plus à l'aise dans 5 syllabes que le français.

La question divise la communauté haïku.

On adopte alors plusieurs voies :

1° Une métrique variable selon la langue : on trouve 3-5-3 en anglais. On admet que 17 temps japonais font +/- 11 syllabes anglaises.

2° Un schéma court-long-court, plus souple

A mon avis, il vaut mieux avoir une légère erreur de métrique que d'utiliser une cheville ou d'abandonner une image. On reconnait la possibilité d'avoir un écart d'une syllabe sur une ligne ou deux lignes si on respecte le schémà court-long-court ET que les images sont belles.

En pratique, le poète même classique dépasse souvent le comptage strict On trouve 17,18 et même 20 mores. On trouve chez lui plus rarement moins.
 

Note personnelle

J'essaie de respecter le nombre de syllabes mais jamais au prix des images. Un écart d'une syllabe en respectant le schéma court-long-court me semble raisonnable.