Le haïku : mode d'emploi

La forme typographique

La présentation

En japonais, le haïku s'écrit en une seule ligne verticale, de haut en bas.

Classiquement, on peut écrire, en alphabet latin, le haïku en une seule ligne, avec séparation des trois parties par une virgule.

Chaque partie étant séparée par une pause, on trouve plus pratique, dans les langues occidentales d'écrire le haïku en trois lignes.

La typographie

Il existe diverses typographies. Aucune n'est évidemment justifiée par le japonais.

1.  "Forme classique"

Le haiku présente "obligatoirement" une césure, il ne peut être composé d'une phrase unique repliée en trois. Cette césure sépare généralement des images différentes. 

La forme classique occidentale instaurée par Blyth, place une majuscule au début de chaque partie (début de la ligne 1 et 2 ou 3 selon la place de la césure). La césure est marquée par un point-virgule.

2. Une majuscule au début et une ponctuation interne et finale.

3. Une majuscule au début et une ponctuation finale.

4. Absence de majuscules mais ponctuation interne

5. Absence de majuscules et de ponctuation. Une présentation minimaliste, effacant la forme au profit du fond. Elle laisse le lecteur reconstruire le parcours de l'auteur, générant ainsi des significations multiples (technique utilisée dans la poésie chinoise de l'époque Tang).
 

Ponctuation interne

On utilise classiquement :

Le blanc

Contrairement à la poésie occidentale, le haïku accepte un blanc comme temps. Il est classiquement marqué par un "~" et est généralement situé à la fin de la troisième partie.

Le blanc se situe aussi aussi à la fin de la première partie. 

En japonais, un ou deux temps font une unité de prononciation. Par exemple, on prononce le haïku de la grenouille de Bashô :

furu(2) ike(2) ya(1) < blanc>
kawa(2) zu(2) tobi(2) komu(2)
mizu(2) no(1) oto(2) <blanc>

Ce haïku se compose de 5-7-5 syllabes (temps), et de 4-4-4 pas. 4 pas se répètent 3 fois, cette structure stabilise le haïku et 2 blancs fonctionnent aussi pour y donner un petit mouvement. Ce secret du rythme a été découvert il y a 50 ans à peine.

Dans le cas du tanka (5-7-5-7-7), 4 pas se répètent 5 fois)

yume(2) kayo(2) u(1) <blanc>
michi(2) saë(2) tae(2) nu(1)
kure(2) take(2) no(1) <blanc>
fushi(2) mino(2) sato(2) no (1)
yuki(2) no(1) shita(2) ore(2)

   Ariie Fujiwara

La prononciation ne suit pas la découpe des mots. 

Par exemple :  fushimi no (découpe des deux mots) se prononce fushi mino

L'intervalle entre les pas ne s'écrivent pas mais se sentent inconsciemment.