Le haïku : mode d'emploi

Interjections, kireji

Le haïku est souvent ponctué d'interjections, les kireji.

Leur rôle est principalement d'introduire de l'espace vide dans le poème. Dans les peintures classiques japonaise et chinoise, les artistes laissent souvent de l'espace blanc ou monochrome pour créer de l'espace séparant les objets. Les kireji font l'image plus claire.

La culture occidentale fait grand cas de l'addition, la culture japonaise, de la soustraction. Les japonais utilisent les kireji comme une gomme.

Les plus fréquents sont :

kana : exprime à la fin d'un vers une exclamation finale, marquant la chute du haïku. Il souligne le mot précédent et le désigne comme le mot central du haiku. (emphase).

ya : marque l'admiration, l'étonnement, avec parfois une nuance d'interrogation ou de doute. (ah! ou oh! en français). On le situe souvent à la fin du premier ou second vers.

keri : placé à la fin du haïku, dénote la fin de quelque chose, la mélancolie du temps qui passe.

Note personnelle :

J'évite ce type de cheville, même s'il manque une syllabe. Je préfère ne pas dénaturer l'image pour une affaire de comptage.

J'utilise parfois, avec l'excuse de l'ajout de sens, "et" et "qui".

notes de terre humide
le fracas du tonnerre
et la pluie qui tombe

un trou d'eau tranquille
quelques insectes y nagent
un monde qui se mange