Bloc notes - Serge Tomé

Ecriture du haïku

L'image...

Hier, une parade de Noël en ville était organisée par une radio commerciale. Un défilé impersonnel de quelques chars avec des décors et des personnages pour enfants. Un Père Noël sans conviction, sans magie, sans merveilleux.

Cela ne valait pas la peine d'avoir attendu si longtemps dans le froid. Du moins à nos yeux d'adultes... Je me suis demandé alors ce que les enfants auront vu. Quelles auront été leurs images ? Ont-ils eux, été émerveillés ?

Ces questions en posent d'autres plus profondes. Immergés dans un monde d'images par les nombreuses chaines de télévision, où la surenchère d'images, de reportages entretient une course au "toujours plus", que peuvent encore les organisateurs de spectacles locaux ? Quand on a vu les parades électriques chez Disney, les carnavals du monde entier, est-ce que ce nous voyons à notre échelle locale n'est pas usé, affadi ? Lorsqu'à la télévision, on a vu les plus grands cirques, que peut encore donner comme émotion, comme magie, un petit cirque local ?

La question se pose aussi pour les paysages, les lieux, les monuments... En plus encore pour notre environnement immédiat, qui peu à peu se dévalorise au profit d'autres, lointains, "toujours plus".

L'image s'use. Très vite, de plus en plus. Sur la durée d'une génération, nous aurons épuisé l'effet de ce media immémorial sur nos émotions. Que feront-nous alors ?

Il faut pour moi apprendre à préserver son regard sur les choses, à y chercher instinctivement, à y trouver sans cesse de l'émerveillement, de l'étonnement, du comique, de l'interrogation ? Il faut retrouver un plaisir pour les choses du notre environnement de tous les jours. Prendre attention aux détails simples, aux relations entre les choses.

Et en cela le haïku est une bonne école.



2006-12-24 - Serge Tomé